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Inspiration, vous avez dit inspiration ? - 1ère partie

Dernière mise à jour : mars 6


An de grâce 2021, château du Dr Aurélien Simoniestein, par une infernale nuit d'orages, quelque part où l'on sort sans jamais attendre le glas de l'incessante pluie au risque de ne plus jamais revoir la lumière du jour...

(N'ajoutons pas un confinement climatique au reste)...


Des jours entiers à chercher l'idée de ma nouvelle oeuvre. Des nuits interminables à écouter l'angoissant "tic tac" métronomique de l'horloge du grand salon. Je suis harassé, éreinté, accablé, anéanti, rompu... Mes paupières sont littéralement écrasées par l'épuisement et mon nez, camard, à force de contempler de trop près ma déchéance dans le miroir... Je me meurs lentement mais assurément devant cette toile blanche. Rien ne vient... Pas l'ombre d'une idée... Pas la moindre ébauche d'un soupçon d'inspiration...


Mais n'est-ce pas la cloche de l'entrée qui retentit ?!... Il est enfin là, il a répondu à ma missive, mon appel à l'aide ! Je n'ai certes plus la force de descendre les 1756 marches qui mènent de l'entrée à mon atelier. Mais Igor, mon assistant, va le guider jusqu'à moi.


Quelques secondes... enfin une poignée de minutes... bon, une bonne heure plus tard... L'épaisse porte de mon atelier s'ouvre enfin dans un gémissement plaintif. Je suis prostré dans mon fauteuil au coin de la cheminée dont le feu crépitant représente l'ultime lueur qui luit encore dans mon regard. Mes yeux se posent avec difficulté sur l'imposante stature de mon invité. Il retire son chapeau au moment même où un éclair illumine son visage au travers de l'unique lucarne de la pièce. Le craquement et le grondement sonore qui l'accompagne est tel le hurlement de colère de Zeus lui-même. C'est bien lui ! C'est Jean-Michel Van Helsing !!


- La mise en scène n'est pas un peu exagérée ? me dit-il de sa voix caverneuse...


(gna gna gna... je fais ce que je veux, c'est mon histoire... rabat-joie) !


Mes mouvements sont lents mais j'arrive à l'inviter à s'assoir près de moi.


- Mon ami... (toussotements)... Van Helsing... (toussotements)... J'ai peur que vous arriviez bien trop tard pour me sauver... Je suis exsangue... (toussotements)... la vie m'a déjà presque abandonné..., lui dis-je le souffle court.

Il bondit jusqu'à moi tel un guépard sur une antilope, un loup sur une brebis, une grenouille sur un moustique, moi sur des bonbons Haribo (placement de produit)... en vociférant et brandissant croix, pieu, gousse d'ail et eau bénite :


- Care vampir te-a mușcat prietenul meu? Dracula, Nosferatu, Casimir? (traduction : quel vampire vous a mordu mon ami ? Dracula, Nosferatu, Casimir ?) ; vous m'envoyez désolé très cher, à force de combattre le mal en Transylvanie, je finis par m'exprimer de plus en plus souvent en roumain. J'ai souvenance d'une soirée dans les Carpates...



- Euh... Jean-Mi, on s'en fout, il s'agit de moi là... (toussotements)... Un voile tombe sur mes yeux... (toussotements)... J'aperçois une lueur au bout du tunnel...


- Où sont les morsures ?, m'interroge t'il en palpant mon cou.


- Oh, on se calme sur les papouilles, il ne s'agit point de vampirus crocum sanguinaréré... J'ai le syndrome de la toile blanche !!! C'est dit, les mots sont jetés... de but en blanc... avec courage... dans un dernier effort (avec une modestie certaine dans le ton).


Et voilà, terminé ! L'ultime chapitre de mon existence arrive à son terme. C'est le point final. Mes yeux se referment, mon coeur cesse de battre et mon souffle se coupe...

- Je vais vous faire une saignée au couteau, les bonnes vieilles méthodes sont parfois les meilleures !!! assène Van Helsing en attrapant son poignard et mon pot de chambre encore plein de la semaine précédente. (Beurk !)


Et là, MIRACLE ! Dans un prodigieux sursaut , je me relève tel Jésus au troisième jour après sa crucifixion.

- Et bien merci Jean-Mi ! Je vais beaucoup mieux !!! Votre visite m'a fait grand bien, je vous remercie et vous souhaite un excellent voyage de retour à... vers... où cela vous chante mon ami !


Je m'empresse de lui serrer la pince, l'accompagne d'une petite poussette dans le dos et referme rapidement la porte derrière lui, bien décidé à ne pas me laisser abattre et à trouver où se cache le secret de l'inspiration !


J'attrape donc mon smartphone et envoie illico presto un sms à Igor : Ramène ta fraise now, y'a du taff, le toubib Simoniestein est dans la place !


À suivre...


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"La liberté est la première des sources d'inspiration pour un créatif" - Nino Cerruti


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