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Inspiration, vous avez dit inspiration ? - 2ème partie


Haletante, Phylis, mon assistante, entre avec précipitation dans le laboratoire. Oui bon, je sais ce que vous allez penser (dans la première partie, l'assistant s'appelait Igor et il était bossu... et gna gna gna...). Alors, je vais être clair et vous rappelez qu'il s'agit toujours de MON récit et que, en conséquence : oust le vieux et hideux petit Igor !!! Et place à Phylis après un recrutement extrêmement rigoureux basé sur un impressionnant niveau d'étude et une très solide expérience professionnelle... Et si vous m'interrompez tout le temps, on ne va jamais en finir que diable !...


... Une goutte de sueur coule le long de son front. Le temps ralentit subitement lorsque nos regards se croisent. Sa majestueuse chevelure aux reflets "auburn" virevoltent dans les airs telle la crinière de Mufasa avant qu'il ne s'écrase au fond de la ravine et qu'il ne soit écrabouillé par un millier de gnous effrayés. (Et demandez à n'importe quel enfant : "quand on tombe sur les gnous, ça fait mal !").

La goutte s'échappe alors son angélique visage pour aller s'écraser devant ses pieds saucissonnés dans des sandalettes. Mes yeux s'écarquillent alors de terreur :


- Mon Dieu ! Phylis... Mais vos pieds sont... sont... hyper mega moches !!!

- Mais non docteur !


- Mais si... Phylis !!! (vous l'avez celle-là ? Si... Phylis... Syphilis ;-) Igor, lui, avait des pieds dignes d'Apollon... Vous auriez pu le mentionner dans votre curriculum vitae...


- Veuillez m'en excuser mon maître., supplie-t'elle avec une certaine dévotion teintée d'une pointe de tristesse.


Je décide de faire preuve de grandeur d'âme en lui permettant de reprendre ses esprits en allant s'aérer:


- Phylis, ramenez-moi des sujets à étudier et à charcuter menu ! Il est temps de se mettre au travail et de trouver la source de l'inspiration !!! Mouhahahahahahaha... hum...(pardon je m'égare quelque peu).


- Mais, mon illustre et éclatant maître, il est trois heures du matin, il fait -18° et je dois parcourir la ville sous 3 mètres de neige en sandalettes...


- Parbleu, vous avez raison, je manque cruellement de considération ma douce Phylis... Passez donc d'abord à l'écurie pour enfiler une paire de bottes en caoutchouc afin de ne pas effrayer vos proies avec vos vilains petons !...

Et rapportez les êtres les plus vils et les plus malsains, la lie de l'humanité !!!


Quelques heures plus tard, lorsque les premiers rayons du jour dardent à l'horizon...

Je m'avance vers le coffre contenant les pires émanations de l'enfer à faire pâlir Dante lui-même. Phylis soulève le couvercle. Ce que je vois m'emplit soudain d'une indicible terreur et d'une immense exaltation, tout à la fois. Pas question de pratiquer mes expériences sur d'innocentes créatures de Dieu, mais celles-là...


- Par lequel commençons-nous mon radieux et luminescent maître ?, s'écrie Phylis en plongeant la main dans la malle.


- Peu importe très chère, je les déteste tous !!!


C'est ainsi que nous passons les heures suivantes à trépaner Mickey Mouse, éviscérer Peter Pan, équarrir Pinocchio et démembrer le lapin d'Alice qui, à défaut de potion magique, se retrouve avec une lichette de cognac pour parfumer ma terrine. Tout y passe, les mains, les langues, les cervelles, les yeux, les coeurs, les pieds... non pas les pieds, j'ai eu ma dose !

Nous étudions chaque partie pour prélever l'essence même de l'inspiration. Et rien ! Aucun trace, pas même une once d'ion positif de molécule d'atome atomique atomisant.


- Mon auguste seigneurial et majestueux maître, comment allons-nous guérir votre syndrome de la toile blanche si nous ne trouvons pas l'inspiration ou la façon de la créer ?!, s'écrie Phylis, affolée.


Partageant son désarroi, l'exaspération m'envahit et se mue immédiatement en colère. Dans un ultime geste rageur, j'empoigne la table de travail et l'envoie se fracasser contre le mur blanc à quelques mètres devant moi en poussant un râle plus bestial qu'humain. Mes jambes ne me tiennent plus et je m'affale sur le sol avec la moue boudeuse d'un enfant qui s'apprête à pleurer.

La main de Phylis vient délicatement se poser sur mon épaule :


- Regardez mon munificent glorieux et olympien maître !!!, prononce-t'elle doucement à mon oreille.


Je relève le visage et suit le regard de ma fidèle et ardente assistante pour apercevoir le mur blanc. Là, devant nous, tous les restes et lambeaux de chair de ses êtres malfaisants de chez Disney dégoulinent sur le mur laissant apparaître une oeuvre magistrale d'un rouge cadmium luminescent : forme, composition, relief, matière, couleur, tout y est ! Je viens de retrouver l'inspiration. Nous allons consacrer le reste de nos existences à pourchasser toutes les créatures de Disney du plus petit personnage de court métrage animé aux princesses coincées en passant par "La belle et le clochard" version live.


La moralité de cette aventure, à 99% vraie, est que l'inspiration ne se trouve pas dans un recoin secret, dans un livre de recette ou dans une formule scientifique. L'inspiration se trouve dans le plaisir de créer !!! MOUHAHAHAHAHAHA... hum... pardon, je m'égare encore et toujours.

C'est ainsi que se termine le récit de mon ancêtre le docteur Simoniestein.

(Comment ça ce n'est pas possible ?... Et pourquoi donc ??... Parce que j'ai écrit que cela se déroule en 2021 au tout début de la première partie... ben oui mais... non... c'est parce que... Bon ça va, si vous commencez à chipoter sur les plus infimes détails...)


Pour être un petit peu plus sérieux (si tant est que je puisse l'être), je vais maintenant partager avec vous les sources de mes inspirations. Il ne s'agit pas de méthode qui fonctionne à tous les coups car il n'y en a aucune. Je dirai même que, dans mon cas, c'est plutôt l'inverse. Il s'agit plus de feeling et de lâcher prise.

Tout d'abord, je ne m'inflige que rarement l'obligation d'une date butoir pour effectuer un travail (d'écriture, de dessin ou de peinture). Je préfère laisser le temps à l'inspiration de cheminer dans les méandres de mon esprit tortueux. Cela peut être un processus extrêmement rapide ou d'une lenteur exacerbée. Il m'arrive d'avoir une idée, d'en faire un croquis rapide ou une prise de note, et de l'afficher dans mon atelier pour le garder sous les yeux. Au bout de quelques jours, je sais si je dois attaquer le travail définitif ou si je dois laisser mûrir quelques temps encore.


Dans ce deuxième cas, le croquis part dans "mon coffre à idée" pour une période indéterminée d'affinage. Comme pour le fromage : "plus ça sent fort, plus c'est bon"... Alors, régulièrement, je plonge mon nez à l'intérieur je me dis :


- Tiens, je l'avais oublié celui-là... ou - Ah oui, j'avais fait ça ?!...


Et l'idée de ce que je peux en faire s'impose à moi.


Dans un autre cas de figure, le souvenir d'un croquis me traverse l'esprit et j'utilise tout ou partie en l'intégrant dans un nouveau projet sur lequel je travaille.


Il n'y a pas de mauvaise idée, seulement une mauvaise utilisation au mauvais moment.


Comme tout ce qui m'entoure peut être une source potentielle d'inspiration, je note et griffonne tout le temps. Un lieu, une chose, une couleur, une personne, une attitude, un regard, une position, une parole, absolument tout peut m'interpeler et même s'il s'agit d'un détail insignifiant de prime abord. Bien évidemment, je puise mes inspirations dans toutes les formes d'Art (cinéma, littérature, bande dessinée, musique, peinture, sculpture, etc.). En fait, je suis un gros vilain curieux ;-) !

En règle général, mon petit cerveau tourne à 1000 idées/minute (je n'ai pas dit 1000 supers idées/minute)... Mais, parfois, sur une thématique précise ou sur un travail particulier, il se peut que je sèche ("Comment faire ceci ou cela, comment réussir à obtenir ce rendu, quelle technique utilisée pour cet effet ???").


Dans ce cas, je vais vous donner mon plus grand secret :


J'ARRÊTE TOUT ET JE LÂCHE PRISE !


Rester "focus" sur une problématique va juste me rendre dingue car plus je vais m'acharner et plus mes nerfs vont remplacer mes neurones... J'entends déjà votre question suivante :


- Mais comment lâcher prise ?

(Ah non, vous ne vous posiez pas la question ? C'est là que je suis balaise : je réponds à une question avant même que vous y pensiez).


Je pratique deux exercices, un farfelu et un, encore plus farfelu ("Farfelu", voilà qui me ferait un joli surnom ) !


1 - La méditation grâce au "Qi gong" :

Si cela vous intéresse, je vous ferai un article sur ce sujet précis car ce serait trop long à détailler ici (n'hésitez à me dire si vous êtes intéressé(e). Pour résumer, le QI (l'énergie, le souffle) GONG (le travail, la technique et la maîtrise) utilise des postures statiques ainsi que des mouvements dynamiques, la respiration et la concentration de l'esprit. Une philosophie qui permet un relâchement total et un bien-être accessible à tous et à tout âge (pfiou... on dirait que je vends un article sur M6 boutique).


2 - Dormir et Rêver :

Cette méthode va sans doute vous paraître dingue mais j'ai eu un nombre incalculable d'idées au cours de mes pérégrinations nocturnes. Quand cela m'arrive, il n'est pas rare que je me réveille et que je prenne des notes pour être certain de ne pas oublier. Ou encore, si je n'arrive pas à faire quelque chose comme je le veux, je visualise quoi et comment faire dans un rêve (Bon, je n'ai pas vu comment devenir millionaire...).


Sur ces dernières pensées songeuses et contemplatives se termine l'article du jour, je vous remercie pour votre lecture et vous donne rendez-vous très prochainement pour un nouvel article sérieux, austère et impérieux même (nan je rigole !).


Enjoy !😃

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“Rien ne sert de courir après l'inspiration, elle vient à point qui sait la chauffer.” de André Brochu.


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